Régionales 2015 : l’abstention grande gagnante du premier tour

Il était le seul, l’unique, le véritable premier parti de France : si l’abstentionnisme a triomphé dimanche 6 décembre en marquant un résultat national de quasi 50%, il n’en va pas de même pour le second tour. Le taux du premier jet, certes exorbitant, restait néanmoins en dessous du taux des régionales de 2010 dont l’abstention avait représenté 53,63% au premier tour, un record jusque-là jamais enregistré sous la Vème République…

L’an dernier, les élections municipales avaient également inquiété en affichant un taux de 36% : du jamais vu pour ce type d’élections. Les présidentielles de 2012 avaient, elles aussi, leur quota inédit d’abstentionnistes. Pendant le premier tour dimanche dernier, certaines régions affichaient des chiffres démentiels, comme l’Ile de France dont la non-participation s’élevait à 54%, la plus élevée de tout le pays.

Un constat alarmant

Cette croissance est aussi alarmante que vectrice d’un constat qui s’impose désormais : l’Hexagone tourne le dos à la politique. Mais qui sont ces français de l’ombre dont le vote demeure mutique ? Des enquêtes ont établi que les 18-34 ans, le secteur ouvrier et une partie de l’électorat de gauche étaient les principaux boudeurs des isoloirs. Mais il est complexe d’établir une identité claire des non-votants, car elle ne peut être seulement réduite à quelques catégories socio-professionnelles. Il en va de même pour les motivations qui amènent un électeur sur deux à ne pas se prononcer.

Le sursaut citoyen

Quoiqu’il en soit, le phénomène semblait en perpétuelle extension, restant source de débats durant cette délicate période de l’entre-deux tours… jusqu’à ce sursaut citoyen spectaculaire. En effet, la participation au second tour a bondi, atteignant les 58,5%, soit presque 10% au dessus du premier tour. Les commissariats se seraient retrouvés à crouler sous les demandes de procurations, contraints de renvoyer les gens chez eux tant les réclames étaient ingérables. Mais que s’est-il donc passé chez les « non-électeurs » pour engendrer une telle mobilisation ? Plusieurs hypothèses sont bien-sûr analysables dont la peur de voir le Front National gagner une partie des régions. On peut également s’interroger sur une prise de conscience citoyenne que le premier tour occulte régulièrement par manque d’intérêt ou, classiquement, une incapacité à choisir un candidat à la hauteur de ses convictions politiques. Bon nombre d’ex-abstentionnistes ont, du reste, déclaré avoir « clairement voté sous la contrainte », pour une personnalité qu’ils n’estimaient pas.

L’abstention, un phénomène aléatoire

L’abstention est donc un phénomène ultra aléatoire et, de ce fait, emprunt d’une imprévision totale quant à sa finalité. A la différence des estimations pour un parti ou un autre, très peu d’éléments permettent de l’appréhender réellement. L’abstentionnisme est de plus en plus le représentant d’une réalité de masse dont toutes les passerelles avec le monde politique ont sauté, entrainant une non-gérance latente. Les politiques, pliés à l’effort de communication, doivent réagir vite et efficacement. Sinon cette ampleur, portée par un refus catégorique de voter pour un représentant quel qu’il soit, ne cessera de croître.

Pour aller plus loin : Qu’est-ce-que les régionales ?

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