[Reportage] Roubaix est Vintage

Le vintage pose ses valises remplies de lunettes rétro, de robes colorées et de vinyles, à Roubaix. Le temps d’un week-end, la ville vit, écoute, mange et danse vintage. Visite du festival Vintage Weekender pour sa quatrième édition.

De l’étudiant hipster, au couple bobo, du Roubaisien qui passait par là, sans oublier la pin up ultra lookée qui ne manquerait l’événement pour rien au monde, on croise de tout au Vintage Weekender. On y vient pour dénicher la perle rare dans ce réputé « vintage market » où 65 exposants vendent fripes, disques et mobilier des années 20 à 70, mais aussi pour apprécier ses concerts uniques. L’événement qui se déroule sur trois jours et qui attire chaque année jusqu’à 20.000 personnes, se revendique « éclectique, international, familial et gratuit, dédié à la musique, au rétro-vintage, à l’art, au design et à la mode ».

         A l’initiative du projet, Yvan Serrano, plus connu sous le nom de DJ Healer Selecta et Françoise Stiebel, alias Miss Poodle Wah-Wah ; deux passionnés de vintage, l’un pour la musique, l’autre pour la brocante et la mode. « En voyage à Los Angeles, on se disputait tout le temps, moi fan de vinyles, elle fan de robes. On avait tour à tour une journée de shopping chacun dédiée à notre passion. Je me suis dit que ça serait cool un endroit avec les deux ».  C’est ainsi qu’Yvan Serrano explique la naissance du Vintage Weekender.

Ca sent le hot dog, Roxanne de The Police résonne dans tout le hangar, et la bière coule à flot. Il y a décidément de quoi faire sur le site du festival.

         Pour commencer, un tour sur le marché où Pauline, cheveux rose et robe pin up, est affairée depuis une heure à fouiller les stands de fripes : « Je cherche un sac à main vernis et un jeans taille haute. C’est l’endroit idéal ici, je peux passer de stand en stand pour trouver mon saint graal, ce festival c’est ma tradition annuelle. ». La salle d’exposition quant à elle, est moins bondée, les œuvres originales suscitent la curiosité de quelques personnes, pinte de bière à la main. La visite se poursuit par la salle de concerts où de nombreux artistes sont attendus tout le week-end. La tête d’affiche, c’est Freddie Notes, légende jamaïcaine qui joue pour la première fois en France. Le groupe Texan The Bellfuries propose même d’assister aux balances avant le show. Cédric, 23 ans, est un fan belge : « Je suis venu spécialement de Liège pour les voir jouer, j’ai appris grâce à leur page Facebook qu’ils venaient ici et par la même occasion je découvre le festival ». La scène locale est aussi mise à l’honneur, avec des groupes comme The Arrogants, jeunes rockers Lillois, et Fel Fel Brothers, des Roubaisiens qui font danser les foules sur des classiques de la Groove Music.

Autre passage incontournable du festival : le bar et ses grandes tables en bois où tout le monde discute en savourant une blonde du Nord. On s’y attable aussi pour tester les différents food trucks, dont les crêpes vendues dans l’énorme camion de pompier américain.

         « C’est notre première participation et ça ne sera pas la dernière » déclare Frank Vans, ravi de sa présence au Vintage Weekender. Ce vendeur Hollandais venu d’Amsterdam propose avec sa fiancée des lampes anciennes, des bijoux et des lunettes rétro. Ce qu’il aime c’est l’ambiance générale, éclectique et conviviale : « Le concept du festival est génial, il y a tant à faire au niveau de la musique, du design, et de la mode. Pour les fans de vintage, c’est un bonheur ».  Grégory, cheveux gominés et bras tatoués, sillonne la France pour vendre sur les marchés spécialisés du vintage. Pour lui, cet événement est unique : « Comparé aux autres marchés où je me rends, c’est très mixte. D’habitude, c’est ciblé années 50 et Rock à Billy, le public est connaisseur et cherche tel ou tel disque. Ici c’est différent, il y a des familles, des jeunes, pas forcément lookés vintage, ils sont curieux et ça me permet de proposer des choses différentes comme des vestes militaires ou de la vaisselle en porcelaine ».

       Le temps d’un week-end, Roubaix est la capitale du vintage

Bien loin de son image médiatique de la ville « la plus pauvre de France », ou encore celle  de « la ville aux 5 mosquées« , Roubaix est ici belle et surprenante. Elle n’est pas seulement comme dans le clip du rappeur Gradur ou dans les reportages d’Envoyé Spécial et de Zone Interdite. Roubaix attire, pour ses musées notamment. Et son nouveau visage est inspiré de ses premières amours : le textile.

Le Vintage Weekender se passe d’ailleurs à la Condition Publique, ancienne manufacture qui conditionna la laine de 1902 à 1972. En pleine saison culturelle appelée Renaissance, de Lille 3000 le festival rencontre une fois de plus, le succès.  Berceau industriel du textile, le Nord est aujourd’hui incontournable pour son développement culturel depuis 2004, lorsque Lille avait été nommée capitale européenne de la culture. Roubaix a aussi vu naître le grand label de La Maison de Mode, qui a servi de tremplin pour des créateurs devenus grands. C’est aussi là qu’Agatha Ruiz de la Prada decida d’exposer ses robes au musée de La Piscine, réputé pour sa métamorphose originale et réussie.

Prochainement, Roubaix accueillera la Braderie de l’Art, où 150 artistes internationaux recycleront en live objets et matériaux de récup’ pour en faire des pièces originales vendues entre 1 et 300 euros. Cette édition spéciale Rio de Janeiro se déroulera le week-end du 5 décembre.

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