[Reportage] Quand le numérique se met au service de la musique classique

Pour fêter son premier anniversaire, le label NoMadMusic a organisé une soirée à la fondation NUMA située en plein cœur de Paris. On s’est rendus sur place pour comprendre comment ce jeune label s’efforce de décloisonner la musique classique, le jazz et les musiques du monde. Entre tapas et contrebasse, le NUMA a été l’hôte d’une soirée chaleureuse, gratuite et ouverte au public où de nombreux artistes du label ont pu briller. 

Direction le centre de Paris au NUMA. Chaque année, le site accueille près de 80 000 visiteurs, et environ 1000 événements. La fondation organise différentes rencontres autour du numérique et de la culture. Mardi soir, c’est le label NoMadMusic qui investit les lieux. La soirée se déroule au rez-de-chaussée, accessible à tout le monde, et au 4ème étage l’accès se fait sur invitation. Comme partout il y a des VIP. Au rez-de-chaussée des musiciens se préparent à jouer en live une partie de la soirée. Ils semblent détendus et concentrés. Pendant ce temps, la salle continue de se remplir et l’ambiance devient de plus en plus chaleureuse.

Devant un public très varié, les concerts s’enchaînent. Autour de nous, des jeunes, des familles, des personnes âgées. Spontanément on se tourne vers deux hommes qui discutent au bar pour leur poser quelques questions. Surpris, le jeune regarde son ami et lui dit « honneur aux vieux » mais n’ose pas trop se moquer de lui. Frédéric Malle a la quarantaine, cheveux gris et sourire franc, il est compositeur pour des compagnies de danse contemporaine.

C’est en recevant un mail l’année dernière du label qui faisait du crowdfunding (financement participatif) qu’il l’a découvert et qu’il a « mis deux trois sous afin d’aider son lancement ». Frédéric Malle nous fait comprendre qu’il a tout de suite adhéré au projet, il aime « autant le jazz que la musique classique et les liens qu’il peut y avoir entre les deux genres musicaux ». Mais quand on lui demande pourquoi il est là ce soir, il répond spontanément :

Je n’connais personne mais j’trouve l’idée sympa donc je suis venu voir

On apprend qu’en fait, son ami, il l’a rencontré sur place et discute avec lui depuis dix minutes. Il s’appelle Ken Yoshida, il est ingénieur du son. Du haut de ses 26 ans, la musique qu’il aime « c’est l’acoustique, pour la proximité avec le son et le grain musical des instruments ». Tout comme Frédéric Malle, il a découvert le label grâce au crowdfunding. En revanche, il est présent ce soir car il connaît Hannelore Guittet, une des deux fondatrices du label. Ils sont donc tous les deux dans le milieu de la musique et soutiennent NoMadMusic : ce projet ambitieux, de décloisonner la musique classique, a le soutien des professionnels en attendant à plus long terme, celui d’un public plus élargi. 

« Décloisonner la musique classique »

Après cette exploration du rez-de-chaussée sur fond de musique jazz, direction le 4ème étage : celui des VIP. En haut, la salle se remplit lentement. L’ambiance entre les deux étages est totalement différente. Bienvenue dans le monde des professionnels de la musique et du numérique. Il y a des musiciens, le personnel de NoMadMusic mais aussi une délégation du ministère de la Culture venue soutenir le projet.

Après une petite demi-heure, la salle est pleine à craquer, il n’y a plus aucune place pour s’asseoir. C’est debout que l’on écoute le discours des fondatrices du label, Hannelore Guittet et Clothilde Chalot. Clothilde prend la parole, explique à l’assistance ce qui l’a poussée à fonder NoMadMusic et les grandes lignes du projet. Elle retrace l’histoire de l’écoute de la musique, du lecteur de cassette au smartphone, et décrit ensuite l’outil majeur du label : la plate-forme internet. En plus de permettre l’écoute des artistes, le site propose un webzine dont les articles traitent de l’actualité culturelle et musicale.

Cependant le cœur du label reste cette plate-forme interactive grâce à laquelle les internautes peuvent contribuer aux projets des artistes. Tout ceci a pour objectif de rendre accessible, au plus grand nombre et notamment aux jeunes, la musique classique, le jazz et les musiques du monde. Puis commence le concert des artistes du label.

La première prestation nous surprend puisqu’il s’agit d’un duo interactif. Le clavecin joue simultanément avec le pianiste situé au rez-de-chaussée : les deux représentations sont reliées par le son et l’image. Ce duo classique nous enchante et la salle semble captivée par la singularité du spectacle. Le tableau se termine sous les applaudissements et les « bravo ! » du public. À peine le temps de redescendre se rafraîchir qu’un trio violon-accordéon-contrebasse remet de l’ambiance et se lance dans une prestation hyper jazzy. Pas la peine d’insister. Au NUMA, la musique a repris ses droits devant une audience conquise.

Avec la participation d’Antoine Roynier

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