L’indétrônable Quentin Tarantino

La sortie – tant attendue – des 8 Salopards ravive la flamme autour du prince des salles obscures. Une critique parfois partagée mais majoritairement élogieuse et une explosion au box-office, qui dépasse dit-on le dernier Star Wars, couronne cette dernière progéniture. L’occasion de revenir sur les singulières personnalité et carrière de Tarantino.
Qui est donc Quentin Tarantino ? En quelques lignes.

Huit films, des polémiques, des adulations, et une quadruple casquette d’acteur/producteur/scénariste et bien-sur réalisateur. Voilà un moment déjà que sa notoriété s’est imposée dans les rangs des grands, voir très grands, du cinéma.

Des débuts difficiles en tant que scénariste de séries B, aux succès planétaires embrayés à la sortie de Reservoir Dogs en 1992, Tarantino a longtemps navigué dans les eaux profondes du cinéma. Ce boulimique de films a bâti le style cinématographique qu’on lui connait aujourd’hui à la croisée de multiples genres : cinéma d’horreur, western, polar, classique ou univers de séries B. Chaque fibre du septième art se retrouve, à un moment ou un autre, dans les méandres de son cinéma désormais bien à lui.

Une manipulation virtuose de la caméra, une grande liberté dans la construction du récit et une direction d’acteurs hors du commun sont autant d’atouts qui ont, peu à peu, fait du petit figurant un maître dans l’art de réaliser. Là où pèchent certains grands du milieu qui font le choix de vivoter dans leur bocal créatif, Tarantino a cette faculté de sans cesse se renouveler, sans pour autant perdre de vue son identité cinématographique. Jamais très loin des grands moments de l’Histoire qui l’ont marqué (la conquête de l’Ouest, l’esclavage, la seconde guerre mondiale), il réinvente le cours des choses à sa manière, et touche de cette façon un public toujours plus large et réceptif.

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© SLATE.fr

La légende veut que, régulièrement, Quentin Tarantino s’enferme dans sa salle de projection personnelle et, une fois confortablement installé dans le noir le plus profond, enchaîne film sur film jusqu’à ce que l’humanité le rappelle malgré lui à l’extérieur. Cette cure pouvant durer plus d’une semaine, le cinéaste s’est constitué depuis tout jeune une culture encyclopédique du domaine. Ses références traversent le monde entier depuis le cinéma japonais jusqu’au muet des années 20 en passant par la nouvelle vague.

Il nomme du reste, en 1991, sa société de production « A Band Apart » en hommage à son film préféré de Godard : Bande à part. Parmi ses innombrables inspirations, il se plait à citer (dans l’ordre de préférence) : Kinji Fukasaku, Woody Allen, Paul Thomas Anderson, Lars Von Trier…

Ainsi donc, c’est l’histoire d’un artiste aux ascendances créatrices plurielles qui, obsédé par l’idée de faire du cinéma et travailleur zélé, monta au firmament en renouvelant le genre du thriller (Reservoir Dogs), et en défendant l’idée d’une divination esthétique de la violence (Kill Bill). Entre autres, bien-sur… Car le cinéaste peut également s’octroyer le talent d’avoir réinventé le genre de l’héroïne féminine, d’avoir sublimé celui du film historique et ressuscité celui du western.

Il peut tout autant se pâmer d’avoir les plus belles bandes-son de l’Histoire du cinéma, et d’honorer l’univers musical dans chacune de ses créations à travers une symbolique forte (un juke-box inoubliable dans Boulevard de la mort, un twist légendaire dans Pulp Fiction, un show de torture endiablé sur « Stuck in the middle with you » dans Reservoir Dogs…)

C’est aussi l’histoire d’un tout juste trentenaire qui, par une douce soirée de mai 1994, reçu timidement des mains de l’immense Clint Eastwood la palme d’or au Festival de Cannes. Et à la femme outrée qui se tenait au fond de la salle et ne cessait d’hurler que c’était un scandale, il adressa, tout sourire, le doigt d’honneur le plus célèbre de la croisette.

Pierre Arnoux a vu pour vous le dernier Tarantino.

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