Quel futur pour la planète bleue ?

Le futur de l’humanité préoccupe un grand nombre de scientifiques. Un mois et demi après la COP 21, les promesses faites concernant l’environnement ne seront pas suffisantes pour éviter de nouvelles catastrophes. Alors que L’horloge de la fin du monde n’est plus qu’à 3 minutes de la plus grosse catastrophe planétaire jamais connue, le scientifique Stephen Hawking tente de trouver des solutions pour permettre à l’humanité de survivre au long terme. Non, ce n’est pas blockbuster américain, mais bien la réalité. Explications.

COP

Rappelez-vous. Du 30 novembre au 12 décembre 2015 dernier, se tenait à Paris la Conférence sur le climat. 150 chefs d’état étaient alors présents pour remettre le climat au cœur des préoccupations internationales.

Si le texte signé semble être un premier pas vers une réelle prise de conscience, il n’en est pas moins insuffisant.

L’accord ratifié stipule de poursuivre les efforts afin de limiter la hausse des températures à 1,5°C d’ici à 2020 (date de la mise en application du texte). En réalité, d’après les scientifiques l’addition des gazs à effet de serre de chaque état provoquera une augmentation des températures de 3°C d’ici là. Effectivement, la science nous rappelle que les plus gros pics d’émissions devraient avoir lieu avant 2020.

Un des points qui laissent le plus perplexe reste le « zéro sanction ». L’accord ne prévoie aucune sanction pour les Etats qui ne respecteraient pas les clauses du texte ou ne tiendraient pas leur propres engagements concernant la réduction de gaz à effet de serre. On peut donc – à juste titre – se demander quel impact aura réellement cet accord.

Pendant que chacun pinaille en pensant à son intérêt propre, la Terre – qui devrait être considérée comme notre bien commun – continue de pâtir du progrès humain et de sa démesure.

TERRE

Le jeudi 28 janvier 2015 à 12h43 et 9 secondes nous étions près de 7 360 251 710 personnes sur Terre. Chaque jour, on compte 200 000 nouvelles personnes dans le monde, soit 2,4 personnes par seconde. D’après les scientifiques, nous devrions atteindre les 10,8 milliards d’êtres humain sur Terre en 2150.

population-mondiale
Shutterstock

Un chiffre considérable lorsque l’on constate qu’avec 7 milliards d’êtres humain, l’eau se fait déjà de plus en plus rare (le lac Poopó, deuxième plus grand lac de Bolivie, a complètement disparu en décembre 2015), les catastrophes naturelles se multiplient (montée des eaux au Bangladesh), mais aussi les catastrophes humaines (guerre en Syrie) qui obligent des peuples à l’exode et confinent toujours plus de monde sur un territoire pourtant identique (migration des Suds vers les Nords).

En 2015, plus de 7 milliards d’Hommes mangent, boivent, travaillent, consomment, et achètent tandis qu’en parallèle les richesses naturelles diminuent de jour en jour. En cause, une raison simple : l’homme exploite plus qu’il ne consomme. Le besoin n’a plus de place centrale dans la logistique de production, c’est le bénéfice financier qui l’a remplacé.

Cela fait 2 ans que les matières premières pâtissent de marchés excédentaires. Depuis juillet 2014,  le pétrole a chuté de 60%, le cuivre a chuté de 30 %, le soja de 30 %, le sucre de 39 %, le café de 20 %, le platine de 32 % et le porc de 50 %.

Cette baisse général des prix profite aux pays importateurs, principalement les Occidentaux, car l’investissement augmente ce qui a un effet positif sur la croissance. A l’inverse, les pays producteurs (les Suds) sont eux perdants. Pour l’année 2015, l’Arabie saoudite a atteint un déficit équivalent à 20% de son PIB.

La chute du prix des matières premières a également un effet néfaste sur le recyclage. Les matières recyclées n’arrivent plus à concurrencer les matières premières, qui sont de moins en moins chères et pourtant de plus en plus rares.

Au vue de ces nombreux changements climatiques, humains et économiques, un groupe de scientifiques a tenté d’estimer quand serait la fin du monde à l’aide d’une horloge. Pour ce faire, ils ont pris en compte les risques qui pèsent sur nos sociétés : montée des eaux, surproduction, cyber technologies, risques nucléaires, catastrophes climatiques, bio technologies, guerres, etc.

rebours

Ils sont 34 experts dont 17 d’entre eux se sont vu décernés un prix Nobel dans leur domaine de compétences.  Ces 34 scientifiques font partie du projet Doomsday Clock. Ce projet, qui existe depuis 1945, estime l’imminence de la fin de l’humanité sur Terre grâce à une horloge. Minuit représente l’heure fatidique de la fin du monde. Plus l’heure se rapproche de minuit, plus les scientifiques estiment que la fin du monde est proche.

Le 19 janvier 2015, les chercheurs ont pris la décision d’avancer de deux minutes cette horloge qui indique aujourd’hui 23 H 57.

doomsdayclock-reuters
Reuters

En 2016, nous ne sommes donc qu’à 3 minutes de la fin du monde. Cette heure est due aux risques de catastrophes nucléaires auxquels s’ajoutent les menaces engendrées par les changements climatiques et la menace technologique. Si la situation est alarmante, cette heure avait déjà été atteinte auparavant.

En 1984, l’horloge affichait également 23:57. Nous étions alors en pleine Guerre froide, au temps où la Russie et les Etats-Unis menaient une dangereuse course à l’armement nucléaire. Le pire score fut atteint  en 1953. Au lendemain des tests de la bombe atomique, l’horloge affichait 23:58.

Dans l’équipe de la Doomsday Clock se trouve le célèbre physicien théoricien Stephen Hawking. Stephen Hawking est notamment connu pour ses contributions dans les domaines de la cosmologie (c’est la branche de l’astrophysique qui étudie l’origine, la nature, la structure et l’évolution de l’Univers) et de la gravité quantique (c’est une branche de la physique théorique qui tente d’unifier la mécanique quantique et la relativité générale). Récemment, Hawking s’est fait remarqué pour sa théorie visant à la colonisation extraterrestre pour sauver l’humanité…

planete

En 2014, Stephen Hawking s’était rendu au Centre médical de Cendars Sinai à Los Angeles pour y donner une conférence surprenante. Le scientifique y déclarait que l’avenir de l’humanité ne serait pas sur Terre, mais sur d’autres planètes encore méconnues :

J’ai peur pour notre futur. Notre planète est menacée par la surpopulation et par le manque de ressources. Nous avons besoin d’un plan B. Si notre société veut survivre les 100 prochaines années, sans parler des 1000 prochaines, il est impératif de voyager dans l’obscurité de l’espace et de coloniser de nouveaux monde dans le cosmos.

Stephen Hawking
The Guardian

Il y a quelques jours, le célèbre théoricien a de nouveau fait une sortie médiatique remarquée, en soutenant sur la BBC que la fin de l’humanité était pour bientôt. D’après lui, une catastrophe d’envergure est inévitable.

Nous n’arrêterons pas de créer du progrès, et nous ne ferons pas marche arrière. Nous devons donc reconnaître les dangers de la technologie, et apprendre à les contrôler.[…] Il est important de s’assurer que ces changement iront dans la bonne direction, déclarait-il.

Pour Stephen Hawking, la planète Terre ne supportera plus longtemps d’expansion humaine. Notre seule chance de survie serait de trouver de nouveaux mondes à coloniser.

Nous aurons étendu notre existence à d’autres planètes et d’autres étoiles à travers l’univers, donc une catastrophe sur la Terre ne signifierait pas la fin de l’humanité en tant que telle. […] Cela dit, nous n’arriverons pas à établir ces colonies autonomes dans l’espace avant au moins plusieurs siècles, nous devons donc être extrêmement prudents durant cette période.

Si le bilan du scientifique peut faire froid dans le dos, Stephen Hawking reste positif :

Je suis optimiste, je pense qu’on y arrivera, concluait-il.

Le théorie de Stephen Hawking peut sembler saugrenue pour certains. En attendant de trouver une planète adéquate pour que l’humanité puisse continuer à se développer, espérons que la COP22 – qui se déroulera à Marrakech en novembre prochain – apportera de nouvelles réponses à une problématique environnementale et sociétale qui nous concerne tous.

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