L’emploi par François Hollande, un tour de passe-passe d’une grande dextérité

Le quinquennat de François Hollande sera jugé sur sa principale promesse de campagne de 2012, celle d’inverser la courbe du chômage. Proposer une réforme acceptable et obtenir des résultats rapides sont les conditions sine qua none pour légitimer sa course à la prochaine présidentielle.

C’est donc avec le verbe séduisant que le président en place s’est exprimé le 18 janvier 2016 face à une assemblée composée d’acteurs de l’entreprise et de l’emploi, soucieux de voir comment le président compte arrêter l’hémorragie. Le nombre d’inscrits à Pôle emploi toutes catégories confondues s’élève à 6 143 400, soit un taux de 10,6 % selon le dernier rapport de l’INSEE publié le 24 décembre dernier. Les chiffres chez les moins de 25 ans ont reculé de 4,5 % en un an, tandis qu’il augmente de 8,5% chez les séniors.

La première illusion consiste à déguiser un nombre important de demandeurs d’emploi en individus « en formation« . Dans le calcul officiel du chiffre du chômage, seule la catégorie A est prise en compte. Dans ce cas de figure, ces inactifs s’en vont dans la catégorie 4. Et alors Abracadabra, 100 000 sans-emploi de moins ! Habile le François. Cette prestidigitation consiste à diminuer le chiffre houleux du chômage, mais de tout évidence, augmente la précarité de l’emploi. Peu importe, ce qui intéresse ce sont les chiffres.

Sous le prétexte de devoir « s’adapter à notre modèle » et de « saisir les opportunités de l’économie numérique », le président confirme la mise en place de 500 000 formations supplémentaires pour atteindre la barre symbolique des 1 million. L’Etat compte attribuer la somme de 1 milliard d’euros à cette réforme. Connaissant avec précision les besoins des entreprises, notamment en matière de recrutement, ce sont les régions qui se verront confier la coordination de ce dispositif.

Après une heure de discours, c’est une assemblée aux paupières lourdes qui a reprit peu à peu ses esprits. Personne n’est dupe, la manœuvre consiste à traiter le chômage d’avantage de façon sociale que structurelle. 600 000 français vont troquer leur casquette de chômeur pour celle de stagiaire, sans pour autant voir de postes se créer.

Autres mesures annoncées :

  • La charge zéro : pour encourager les entreprises à élargir leurs effectifs, L’Etat prendra à son compte les prélèvements sociaux des salariés recrutés en CDI et CDD de plus de 6 mois. 2 milliards d’euros sont prévus à cet effet.
  • Heures supplémentaires : les entreprises pourraient à l’avenir, proposer les heures supplémentaires à leurs salariés sans l’obligation de les majorer (réforme des 35 heures).
  • La rupture du contrat de travail simplifiée : ce principe fixe un barème d’indemnités de licenciement pour un salarié. La somme sera calculée sur la base de l’âge et de l’ancienneté du salarié.

 

Tristan Naxos

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