Marion Peuta : Entretien avec une jeune danseuse à Paris

Grande et maigre, les cheveux châtains, les yeux verts, Marion Peuta sourit. Être danseuse demande beaucoup de travail, beaucoup d’heures de répétitions. Dans un entretien, la jeune femme de 24 ans nous raconte son chemin et sa carrière en devenir.

Depuis combien de temps faites-vous de la danse ?

Ca fait 9 ans que je fais de la danse. Avant cela, de 3 à 14 ans j’ai fais de la gymnastique. Puis j’ai commencé à me faire mal physiquement. Sept heures de répétitions par jour c’est quand même beaucoup pour un enfant, je me suis donc tournée vers la danse. 

Pourquoi avez-vous choisi cette discipline ?

Tout à fait par hasard. Ma mère m’a demandé un jour si je voulais essayer et j’ai accepté. J’ai fais une année de danse modern jazz avant d’essayer la danse contemporaine. C’est drôle parce que dès le premier cours j’ai su. Je suis rentrée chez moi le soir et j’ai écris dans mon journal : « Je veux faire ça dans la vie. C’est une révélation. » C’est ce que j’ai ressenti et je le ressens toujours.

Pourquoi préférez-vous la danse contemporaine ?

La danse contemporaine me libère. C’est le plus beau compromis entre le mouvement et la réflexion. C’est ce qui m’intéresse dans la danse.

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Quelle est votre formation Marion ?

Apres mon bac j’ai fais une école de danse durant trois ans à Aurillac, le centre chorégraphique Vendetta Mathea la manufacture.  Ensuite j’ai enchainé avec la formation Coline qui se déroule en deux ans. Là-bas, j’ai travaillé avec des chorégraphes très connus dans la danse contemporaine, comme Thomas Lebrun, Fabrice Ramalingom et Bagouit. Je me souviens que nous étions plus de 200 élèves venus aux auditions pour la Coline. Treize ont été pris, j’étais parmi eux. C’etait un beau moment pour moi. Nous avons tourné les chorégraphies apprises dans cette école partout en Europe. En Suisse, en Irlande, ici en France. C’était une expérience très enrichissante.

 Combien d’heures par semaine vous entrainez-vous ?

Entre mon entraînement physique et les répétitions, je m’entraine au moins 20 à 25 heures par semaine. Je suis arrivée à Paris il y a un an et demi pour travailler. J’en ai eu marre d’être à l’école. Je voulais travailler, être sur scène, partager mon amour pour la danse avec un public ! 

Avez-vous trouvé beaucoup de travail durant cette dernière année ?

Oui. J’ai dansé avec Gaëlle Bourges, La Compagnie Frichti Concept, Les gens d’Uterpan, le CCN Belfort, et avec la compagnie Gé de Mélanie Mésager. En ce moment, je travaille avec la soprano Rima Tawil à l’Opéra Garneau. Elle voulait quatre danseurs pour cinq tableaux. La particularité de ce spectacle est que l’on a pu créer les tableaux nous-mêmes : Rima nous a fait confiance, ce qui n’a pas lieu souvent avec les personnalités connus comme elle.

Est-ce facile de trouver du travail ?

Non, en ce moment ce n’est pas facile du tout à Paris. On est trop nombreux et il y a moins de travail. De plus, il n’y a plus d’argent, l’état ne subventionne plus la danse. Les compagnies prennent moins de danseurs. Au lieu d’en prendre dix, ils en prennent seulement un ou une. Les auditions ne marchent que par réseau maintenant et il y a de moins en moins de propositions de travail.

Comment sont les gens du milieu de la danse ?

Contrairement à ce que l’on pense, les gens dans ce milieu sont adorables !

Maintenant, je commence à les connaître et c’est très agréable comme réseau.

Pouvez-vous nous décrire un moment mémorable que vous avez vécu dans la danse ?

Un moment mémorable. Oui. Quand j’étais en formation à Coline, on a fait un travail sur le portrait chinois avec la danseuse Patricia de Anna. Le portrait chinois est un travail individuel sur soi. Nous trouvons l’animal ou le végétal que l’on serait, c’est un travail très intime. À partir de ce travail, je me suis métamorphosée. Je suis devenue végétarienne, je suis devenue moins stressée, j’ai eu moins de boutons. Après cette expérience, j’ai tellement changé d’esprit que je n’ai plus été ni malade ni stressée. Avant j’étais impulsive et je ne réfléchissais à rien. Maintenant, je prends de la distance avant d’agir. Voilà, j’ai gagné en sagesse d’un coup. Cela a changé mon corps, ma danse et mon visage.

Votre visage ?

Oui. Les gens m’ont dit que je suis devenue plus sereine. Que j’avais le visage plus apaisé.

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Quel est votre espoir pour l’avenir ?

Danser le plus long temps possible.

Quelle est votre chanson préférée ?

Ma chanson préférée ?! Mais je n’écoute pas la musique sur laquelle je danse. Ah non, il faut que je m’échappe de ce milieu. C’est pour cela que je ne pourrais jamais être avec un artiste. Non. Ma chanson préférée en ce moment est Lean On de Major Lazer. 

Vous pouvez visionnez Marion Peuta danser sur scène à Biarritz ainsi qu’à la Nuit des musées de Paris en 2015.

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