Cesaria Evora, j’aime ta couleur café

Ouais c’est vrai, je l’aime sa couleur café. Son regard espiègle.

Mais c’est la couleur de sa voix que j’aime le plus, orangée comme un soleil couchant dont les rayons caressent encore les épaules. Acajou aux reflets clairs obscurs d’une sodade qu’elle nous lance délicatement aux oreilles.

Cesaria Evora.

Par petites gorgées chaudes, je la consomme dès le matin, tranquille, les yeux dans la vague.

Comme celle qui vient lécher les côtes de sa petite Ile, posée en plein milieu de l’imprévisible Atlantique. Une si petite île pour une si grande artiste.

Le Cap Vert.

Vert comme un café doux-amer, l’acidité nostalgique des textes picote la trachée pour ne laisser en héritage que celui d’une voix suave. Apparente de résiliation.

Elle me touche Cesaria, j’aimerais lire en elle. Qu’elle me soit aussi transparente qu’un marc de café. Nostalgie séculaire, douce mélancolie de ce grain de voix unique.  Pas étonnant qu’elle ait vendu 4,5 Millions de disques. C’est à l’âme qu’elle parle, d’où qu’elle soit, sans filtre.

Cash.

L’indépendance de son île entraîne la fermeture des bars. Ce qui lui a valu de stopper net le démarrage d’une carrière insulaire…

Pour réussir, il faut partir, disait-elle.

Il aura fallu attendre 10 ans pour réentendre celle qui transmet si bien la douleur de vivre sur fond de batuque et funana.

A Lisbonne, l’ancienne coloniale, elle en a écumé des bars, des cafés, des restaurants avant d’être entendue, puis adoré.

C’était en 1988, déjà 47 ans printemps au compteur de sa voix d’automne.

Disques d’or à foison et toujours les pieds nus. Elle préférait l’ambiance conviviale des bistrots à ceux des grands restaurants. Le partage en bandoulière, elle conversait allègrement avec les passants en terrasse.

Sa timidité, elle la noyait dans les vapeurs d’alcool, la cigarette. Oubliant sans doute un peu le désamour d’une mère qui la plaça en orphelinat à 13 ans suite à la mort de son père.

Quelle vie ! Torréfiée jusqu’à l’extrême.

Ah les fameuses batatinhas, ces petites chips portugaises. Avec un si joli nom, on est loin d’en imaginer les ravages. C’était son péché mignon qui fera entre autre, l’appétit d’un fatal diabète.

Si tu m’écris

Je t’écrirai

Si tu m’oublies

Je t’oublierai

Petite Cesaria je t’aime beaucoup. Et je ne t’oublie pas. Tiens, je reprendrai bien encore un café moi…

Découvrir Lura chanteuse du cap vert qui signe un duo réarrangé avec la grande Cesaria Evra disparue en 2011.

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