À Cuba Libre, naissance d’une comédie musicale

À Cuba Libre a vu le jour en 2015, sous la plume d’Alice Monicat. Conflit historique, révolution et romance sont les ingrédients de ce spectacle pétillant.
Entre castings, répétitions et lectures publiques, assistez à la naissance d’une comédie musicale.

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Crédit photo : Michèle Dufour

Script

Il y a un an, Alice Monicat a l’idée d’écrire une comédie musicale qui serait basée avant tout sur des faits historiques. En parallèle avec ses études, elle se rêve auteure. L’été dernier, Alice se penche sur l’histoire de Cuba, pays alors tiraillé entre boycott américain et idéologie révolutionnaire. La première étape de son travail était d’étudier le pays, la période, la philosophie rebelle cubaine, tout en créant un lien entre tous ces éléments. Elle commence à écrire une histoire qui rassemble plusieurs destins, plusieurs personnages dont les parcours font échos aux problématiques de l’époque.

Une fois l’écriture finie, Alice a su s’entourer pour faire avancer son projet. Elle s’associe à Edouard Dossetto, son ami qui deviendra producteur. Et que serait une comédie musicale sans musique ?! Léa Pérennes et Romain Rachline embarquent à leur tour dans l’aventure, pour mettre en paroles et en partitions le spectacle, à l’automne dernier. D’un projet qui se voulait amateur, la petite troupe d’Alice Monicat est propulsée dans la cour des grands. Mais le chemin est encore long.

Crédit photo : Fatima Viana

Fin novembre, nouvelle étape décisive pour À Cuba Libre. Il faut trouver les artistes qui feront vivre les personnages d’Alice.

Les auditions sont programmées, et quelques 250 intéressés se bousculent devant le jury composé de la metteur en scène et des deux compositeurs. Au terme de ce casting, les rôles sont attribués. Ils seront 25 bénévoles à défendre le projet À Cuba Libre.

Le financement devient à ce moment le problème principal d’un spectacle qui se professionnalise. Il faut donc, pour Alice et sa troupe, trouver des producteurs qui donneront à À Cuba Libre les moyens d’exister. Dans cette optique, quatre lectures publiques sont organisées, pour faire connaitre le projet et trouver des fonds. Une lecture publique est un « filage » du spectacle, dialogues et chansons comprises, sans décors ni costumes. Ce premier jet donne un aperçu global de la pièce. La dernière lecture publique a eu lieu le mardi 15 mars dernier, et a rassemblé, au théâtre du gymnase Marie-Bell, 680 personnes. Un appel aux dons est également en cours, afin de financer un CD et un DVD du show.

En Chiffres

Treiz’hebdo a rencontré Alice Monicat et Edouard Dossetto :

Alice couleurHD Alice Monicat, étudiante le jour, metteure en scène la nuit.

Entre «Science Po» Paris et les planches, «c’est un quotidien plutôt chargé mais étrangement complémentaire» dit-elle.

Écrire est un moyen d’exprimer ma sensibilité et mon imagination, d’évacuer une pression, d’être vraie, dans toutes mes dimensions

A Cuba Libre, qu’elle écrit en 2015 est une fiction historique. «L’intrigue est fictive mais basée sur des éléments réels. C’est avant tout une ambiance, une identité cubaine que je voulais retranscrire».
La mise en scène est depuis peu la mission d’Emmanuel Suarez.

Monter une comédie musicale n’est pas sans difficultés. La principale barrière est celle du financement, le budget restant un problème de taille pour un spectacle. La mission des lectures publiques données par la troupe le mois dernier est donc de faire connaitre le spectacle. «Un tel projet nécessite un budget très important pour voir le jour, au vu du nombre de comédiens et de techniciens mobilisés» explique Alice. Ce sont ces producteurs qui auront un droit de regard sur la version finale : « Le casting des premières lectures n’est pas définitif » ajoute-t-elle.


«Acte 2» : Edouard Dossetto, narrateur baryton-basse d’À Cuba Libre.

Ed couleur

De l’Ecole Normale Supérieure (en mécanique et électronique) à comédien, le parcours d’Edouard est plutôt atypique. A 25 ans, le jeune homme étudie la comédie au Cours Simon à Paris.
Très investi dans le projet d’Alice Monicat, c’est l’engagement du spectacle et de ses créateurs qui l’a d’abord séduit. A Cuba Libre, la chanson phare de la comédie musicale, «les paroles me prennent aux tripes et me mettent dans un état terrible». Pour lui, ce spectacle est avant tout synonyme de plaisir. La troupe ? «Ah, elle est exceptionnelle, je n’aurais pas assez d’une page pour en décrire l’ambiance. Entre les rires, les vannes, souvent graveleuses, on ne s’ennuie jamais» dit-il quand il évoque l’ambiance, «Aller en répétition n’a jamais été autant un plaisir pour moi !».
Edouard a été marqué par plusieurs instants, il en parle avec émotion :

En filage, après la chanson Mon fils, où nous sommes généralement tous très émus, je n’ai pas réussi à redémarrer dans le rôle de narrateur, pour dire la phrase qui devait lancer la scène suivante. J’avais une boule dans la gorge, les yeux embués de larmes, incapable de retrouver le fil… Jusqu’à ce que, heureusement, quelqu’un dans l’équipe, qui était sans doute plus ému encore, se mouche bruyamment. Avec la tension, on a tous eu un fou rire. Ça m’a laissé le temps de me reprendre, on a pu enchaîner. C’était plutôt mignon

Edouard met donc ses nombreuses casquettes au service du spectacle, rythmé par sa voix grave de narrateur et de choriste.


La troupe reste toujours en attente de financements, qui permettront à À Cuba Libre de faire trembler, un jour, les planches d’un théâtre parisien.

Lucie Valais

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