[Reportage] Education : France VS Etats-Unis, des différences qui inspirent

L’éducation à la française est réputée dans le monde entier. Polis, soignés, respectueux, les enfants français sont vus comme de parfaits petits bambins par les parents d’Outre-Atlantique. Et pourtant, en matière d’éducation et d’école, la France a de quoi s’inspirer de ses voisins. L’école française souffre de maux profonds : échec scolaire, ennuie, manque de concentration etc. Alors qu’aux Etats-Unis le développement personnel de l’enfant est capital dans son éducation personnelle et éducative,  en France c’est l’apprentissage des bonnes manières et d’une extrême rigueur  qui prime avant tout. Les américains innovent en matière d’éducation, les français préfèrent miser sur son côté classique. Treiz Hebdo a mené l’enquête sur deux continents. Education française trop rigide ou  éducation américaine trop laxiste ? Explications. 

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Dans le pays du fromage et du bon vin, qu’es-ce qu’un enfant bien élevé ?

Pour nous, Français, un enfant bien élevé est un enfant qui sait se tenir à table, qui sait dire les mots magiques au moment opportun et qui laisse les grandes personnes tranquilles lorsqu’elles parlent entre elles. En France, les limites et les règles sont le socle d’une « bonne éducation ». Vous remarquerez d’ailleurs que lorsque l’on parle d’un enfant on dit de lui qu’il est  » bien ou mal-élevé « , sous-entendant que tout le mérite de son éducation revient aux parents. Pour arriver à leur fin, les parents français usent de tous les stratagèmes. Parfois une bonne claque, ça remet les idées en place.

« J’ai reçu des claques ou des fessées quand j’étais petite et honnêtement parfois ça fait du bien, ça remet les idées en place. J’ai dis ça à un ami américain, il était choqué ! » raconte Lisa, 24 ans originaire de Rueil-Malmaison dans les Hauts de Seine.

Chez l’Oncle Sam, c’est un autre son de cloche. Si les enfants américains ne sont pas spécialement connus pour être des enfants tyrans, l’éducation qui leur est transmise placent leurs désirs et leurs envies au centre du processus éducatif. Le but est de les laisser s’exprimer, s’épanouir, et se développer comme bon leur semblent. On encourage les enfants à prendre des initiatives comme par exemple le choix des repas ou l’heure du coucher (un rêve pour les enfants français !). Concernant les réprimandes, là aussi, les différences sont notables. Anthony a 35 ans et vit dans le New Jersey, à une heure et demi de Manhattan. Il se confie :

« Ma mère a du me claquer une fois. Je venais de me faire percer la langue en même temps ! Son truc c’était plutôt de nous menacer avec un spatule en bois, mais ça nous faisait plus marrer qu’autre chose moi et mon frère ! Dans mes amis proches, seulement un d’entre eux recevait parfois des fessées. Mais c’est tout. Ici, un parent qui gifle son enfant ça choque beaucoup ! « .

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Pamela Druckerman est une journaliste et écrivain américaine. Née à New York, elle vit aujourd’hui à Paris avec ces trois enfants. Si aujourd’hui, la quadragénaire s’est habituée aux uses et coutumes français, les débuts dans la ville lumière ont été rocambolesques. La jeune maman y a découvert une éducation stricte à laquelle ces trois enfants n’étaient pas vraiment habitués.

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C’est au cours d’un simple repas dans un restaurant français que Pamela Druckerman compris où se situait le fossé entre l’éducation libérale à l’américaine et celle stricte à la française.

« Un an et demi après la naissance de ma fille en France […] Je me trouvais dans un restaurant avec elle et mon mari et j’ai subitement réalisé qu’elle était la seule enfant qui pleurnichait, jetait de la nourriture et refusait de manger quoi que ce soit à part de la mie de pain et des frites. Tous les enfants français qui nous entouraient étaient assis de manière appropriée, attendant leur plat ou mangeant du poisson et même des légumes le tout en bavassant joyeusement avec leurs parents. » confie la jeune maman.

Ce simple événement pique la curiosité de Pamela au vif. Pourquoi les enfants français étaient si sages et si polis ? Quel était le secret des parents français, pourtant loin d’être parfaits, pour que leurs enfants se tiennent si bien ?

C’est à Paris que la journaliste commence son enquête.

En observant les parents qui l’entourent, la journaliste découvre une simple habitude qui montre pourtant une philosophie très différente entre parents français et américains.

En France, les bébés français font leur nuit à partir de deux à trois mois. D’après les parents français que Pamela interroge, ils suivent juste le rythme de l’enfant. La journaliste met cet « exploit » sur le compte d’une autre habitude française :

« Les parents français font généralement quelque chose que j’appellerais  » La Pause  » […] Quand le bébé est âgé de quelques semaines, les parents ne se précipitent pas pour aller le chercher en pleine nuit lorsqu’il pleure. Au lieu de cela, ils attendent pendant quelques minutes. Ils veulent voir si le bébé peut apprendre à connecter ses cycles de sommeil de deux heures, et surtout s’il fait juste du bruit pour que l’on vienne le chercher. »

Les français pensent qu’un bébé – aussi petit soit-il- est un être rationnel à qui l’on peut déjà apprendre des choses, comme savoir faire ses nuits. Pour les américains, une maman doit en permanence écouter les volontés de son enfant.

Une autre obsession des Français : les mots magiques. S’il vous plait, merci, bonjour, au revoir.

« En France, les enfants saluent les adultes. Par conséquent, ce simple « bonjour » met l’enfant sur un même pied d’égalité qu’un adulte. […] Aux Etats-Unis, jamais un enfant n’a été obligé de me saluer par politesse. » constate Pamela.

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Dans son livre « Bébé made in France », l’américaine observe les subtilités éducatives qui séparent la France et les Etats-Unis. Si elle n’en finit pas de louer les mérites de l’éducation français, Pamela modère son point de vue en reconnaissant des atouts à l’éducation américaine :

« Par exemple, ça me rend folle que les Français n’enseignent pas aux enfants à nager avant six ou sept ans. Je nageais quand j’avais trois ans ! Aux USA, il y a toujours un vent d’optimisme, un esprit de prise de risques et d’initiatives. Je ne pourrais pas choisir entre la manière américaine ou française pour éduquer mes enfants, j’ai préféré prendre le meilleur des deux. » conclue la journaliste.

 

 

 

Bien que l’éducation américaine ait des failles – tout comme l’éducation à la française d’ailleurs – les instituions scolaires américaines ont su innover et proposer un enseignement de qualité mais surtout évolutif.

En France, on devrait en prendre de la graine !

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En France, le constat est édifiant. La rigidité et la ringardise de l’école pousse de plus en plus de jeunes à l’échec scolaire. Un mot revient souvent : l’ennuie.

En 2014, ils étaient près de 100 000 jeunes à quitter l’école sans aucune qualification. Un chiffre en baisse mais qui reste significatif.
En 2011, Elie – 24 ans – loupe de justesse son BAC ES et décide de partir en Australie. Là-bas elle y apprend l’école de la vie, bien loin des cahiers et des manuels scolaires. Si certains critiquent ses choix, elle n’a aucun regret. L’école ce n’était pas pour elle, elle nous explique :
« Pour moi l’école, ça m’a toujours emmerdé. J’ai toujours trouvé ça ennuyeux, pas assez ludique et amusant. Pourtant je suis quelqu’un de nature curieuse. J’aime apprendre. Mais apprendre avec des professeurs qui ne sont même pas convaincus de ce qu’ils font, qui passent leur temps à lire un manuel que l’on a déjà sous les yeux – et qui sont en plus des manuels ringards et vieux comme le monde – non merci ! ».

Depuis quelques années, des expérimentations pédagogiques pour le moins originales fleurissent aux États-Unis. Le but étant de donner aux enfants l’envie d’apprendre en s’amusant.

A Brooklyn, à l’Est de Manhattan, une école a récemment ouverte ses portes. L’établissement est doté d’un poulailler, d’une cuisine et d’une serre, le tout fonctionnant entièrement à l’énergie solaire. L’idée pédagogique est également d’utiliser le jardin pour quelques cours de sciences. Les enfants apprennent à prendre soin des plantes, des fruits et des légumes, à les voir pousser mais aussi à savoir les cuisiner. Une expérience innovante et d’actualité pour un pays où 66,3% de la population souffre d’obésité.
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Jardin d’une école à Brooklyn, New York
Toujours à New York, la Quest to learn school permet aux jeunes d’apprendre en utilisant les jeux vidéos et les nouvelles technologies. Par exemple, pour affiner leurs qualités rédactionnelles, les collégiens développent un projet de livre, puis développent un site Internet pour le promouvoir. En cours de géographie, ils deviennent des producteurs de télévision à la recherche du lieu idéal pour leur prochaine émission. Le fait d’utiliser le digital comme support d’apprentissage fonctionne auprès des collégiens. Les résultats scolaires sont bons et les problèmes de concentration presque invisibles. Aujourd’hui la Quest to learn school est victime de son succès, mieux vaut s’y prendre à l’avance pour y inscrire ses enfants.  
« Si j’avais pu être dans une école comme la Quest to learn, je peux vous assurer que j’aurais eu la motivation d’aller en cours tous les jours ! Je ne suis pas pour les écrans à outrance, il y a aussi des alternatives comme le Trival Poursuite par exemple. C’est toujours plus sympa d’apprendre en s’amusant. » confie Ellie sur le sujet.
Faire des maths en écoutant du Hip Hop, donner 20 dollars aux enfants qui ont des bonnes notes, ou payer les professeurs à la hauteur de leur fonction, aux Etats-Unis les innovations en terme d’éducation se multiplient. Si la France peut se vanter d’une éducation rigoureuse, elle devrait aussi s’inspirer de ses voisins.

 

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