Les producteurs de blé « très inquiets » du manque d’eau

Les producteurs de blé français sont « très inquiets » face au manque d’eau qui menace leurs cultures après des mois sans pluie et craignent pour 2017 une deuxième année catastrophique consécutive en la matière.

Producteurs de blés très inquiet. Crédit photo: La Fornada

« On est très inquiet, on a la trouille »,

a déclaré ce mercredi  Philippe Pinta, président de l’AGPB (association des producteurs de blé). Il fait état d’un déficit hydrique de 50% en moyenne, le double de ce qui est constaté habituellement à cette période de l’année.

En ce moment de croissance, « la plante a besoin de boire », a-t-il déclaré. Elle a faim également: « il faut qu’il pleuve pour que l’azote (répandu par les agriculteurs sur les champs) descende aux racines », a expliqué M. Pinta.

Les épis sont plus pâles que d’habitude

Il a constaté que les épis de blé étaient globalement d’un vert un peu plus pâle qu’à l’accoutumée, d’autant qu’il y a du vent, qui « dessèche encore plus » les cultures.

L’inquiétude est d’autant plus grande pour M. Pinta, également cultivateur en région parisienne, qu’« on n’annonce pas d’eau avant 10 jours » et que les prévisions à dix jours ne sont « pas forcément fiables ».

Après une année 2015 « correcte en volumes, mais où les prix n’étaient pas au rendez-vous », M. Pinta a rappelé que 2016, affectée par de fortes pluies et de grosses inondations, avait été une année très difficile, fragilisant déjà de nombreuses exploitations.

« Combien vont rester vivants »

« Je ne sais pas combien (d’exploitants) vont rester vivants si on se prend une deuxième année catastrophique », a-t-il prévenu.

Si les régions les plus touchées au départ étaient la Bretagne et le grand bassin parisien, désormais « la plupart des régions sont en déficit hydrique », a-t-il expliqué. Les agriculteurs ont désormais les yeux rivés vers le ciel…et la lune. « Il y aura un changement de lune dans 10 jours », a rappelé M. Pinta, qui espère du coup une évolution climatique à ce moment-là.

Globalement, la plupart des cultivateurs ont peu d’eau depuis six mois, déjà. Cet hiver, notamment, a été marqué par des précipitations inférieures de près de moitié aux normes de saison.

« Certaines trésoreries très à plat »

La situation n’est pas encore rédhibitoire, mais « tout va dépendre du temps qu’il va faire dans les prochains jours », a indiqué M. Pinta, pour qui on y verra « beaucoup plus clair dans un sens ou dans l’autre » début mai. Il est également inquiet du peu de couverture assurantielle des exploitations, car « certaines trésoreries sont très à plat », depuis la récolte de l’an dernier. Environ un quart des surfaces étaient assurées lors de la dernière campagne.

avec AFP.

Crédit photo à la une : Joagri                                                                                                                                    

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