La fiche S, prochain outil contre les journalistes ?

Les fiches S sont connues pour venir en aide aux forces de l’ordre et éviter les attentats, mais plus de la moitié des fichés S ne sont pas liés au terrorisme. Le cas récent du journaliste Gaspard Glantz montre les possibles dérive de cette procédure.

Gaspard Glantz, fondateur et gérant du site d’information Taranis News, aurait été persécuté par le système judiciaire. Après avoir été sous contrôle depuis octobre 2016 et son interpellation dans la « jungle de Calais« , il apprend qu’il est fiché S.

« Gaspard Glanz fait l’objet d’une fiche S comme individu susceptible de se livrer à des actions violentes » 

Sa proximité avec les manifestants ou son droit à l’information dérangent-ils à ce point le gouvernement ? Non, la fiche S concerne tout le monde du moment qu’un individu est « susceptible d’atteinte à la sûreté de l’État. »

Le rendu de la cour d’appel de Douai sur l’appel de mon contrôle judiciaire de Gaspard Glantz

La fiche S 

La fiche S vient du Fichier des Personnes Recherchées (FPR), diviser en quatre catégories : M pour mineur, J pour justice, PJ pour personne recherché par la Police Judiciaire et S pour les fiches S. La fiche S est alors la catégorie supplémentaire où l’on place les individus ne rentrant pas dans les trois autres cases. Mais la grande différence reste la consigne. C’est-à-dire, que la fiche S est accompagnée d’un ordre à suivre par les forces de l’ordre (exemple : « à surveiller » ou bien « ne pas intervenir »).

D’après le quotidien La Tribune, « Parmi les 12.000 personnes fichées S, 2.100 d’entre elles déjà en prison pour des faits de terrorisme ou de soupçons de radicalisation : 390 personnes détenues pour des faits de terrorisme en lien avec l’islam radical (dont 308 prévenus) ; 1.329 personnes, détenues, prévenues ou condamnées pour des faits de droit commun, mais signalées comme susceptibles de s’inscrire dans une démarche de radicalisation et, enfin, 412 personnes radicalisées qui sont suivies en milieu ouvert par les services pénitentiaires d’insertion et de probation, dont 108 sous contrôle judiciaire pour des affaires liées au terrorisme. » Il y a donc moins de la moitié des individus fichés S qui concerne le terrorisme.

Le journaliste poursuit : « Par ailleurs, les 12.000 « titulaires » de la fiche S ne sont pas tous identifiés pour une problématique de terrorisme. La direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) utilise également ce fichier pour surveiller des personnes dans le cadre de ses autres missions : contre-espionnage, lutte contre les extrémismes violents, contre-prolifération et lutte contre la criminalité organisée. »

Un autre système contre le terrorisme

Depuis le 7 mars 2016 et le discours de Bernard Cazeneuve, une nouvelle structure a vu le jour pour lutter contre le terrorisme: l’EMOPT (l’état major opérationnel de prévention du terrorisme). Il a été conçus pour que le partage d’information entre les différents services se fasse plus efficacement. Cet organisme a donc pour but de centraliser les informations pour agir en conséquence. Les derniers « attentats » déjoués sont dus au travail de l’Emopt. Par exemple, celui du mardi 18 avril à Marseille, où deux individus soupçonnés de préparer un attentat à l’occasion de l’élection présidentielle ont été interpellés par la DGSI.

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