Taranis News, le média alternatif au coeur des manifestations

Les grèves contre la loi Travail au printemps 2016 ont été violentes, certains parlent même de bavures policières. Taranis News est une jeune équipe de journalistes qui infiltre les mouvements sociaux et sort des images avec un point de vue différent des médias traditionnels. Treiz’hebdo a rencontré Jérémie Verchere, photoreporter dans cette rédaction d’un nouveau genre.

Face à la méfiance grandissante à l’encontre des média traditionnels, certains décident de se faire connaître directement via les réseaux sociaux, comme Brut, Explicite, ou encore Taranis News. Ils tentent aujourd’hui de trouver un équilibre économique. Brut par exemple vient de conclure un accord de partenariat avec France Télévisions afin de monétiser l’audience de leurs vidéos. Explicite a été créé à la suite des grèves d’iTélé. Un collectif d’une cinquantaine journalistes associés s’est réuni pour proposer de l’information sur Twitter et sur Facebook. Taranis News est, lui aussi un média alternatif. Il a réussi ces dernières années à se faire une renommée dans la communauté des manifestants.  Accrocher l’attention, développer un public plus jeune, créer une communauté, rester indépendant. Voilà leurs objectifs aujourd’hui.

Comment présenterais-tu Taranis News ?

“ Pour moi, Taranis est un média indépendant. Nous couvrons tout ce qui se passe dans la rue : les mouvements sociaux mais aussi les migrants. Pour les manifestations, notre but est de ramener des images qui viennent du coeur de l’action. “

NOUVELLE MANIFESTATION CONTRE LE PEN ET MACRON. Rennes, FRANCE. 4 mai 2017/ Photo : Jérémie VERCHERE

Taranis News est-il un média alternatif ?

“ Pour moi, oui car au vu de l’état des médias français, juste avoir son indépendance suffit à être alternatif. Notre ton aussi nous donne un décalage avec le reste des médias. “

Quelles sont les différences avec les médias traditionnels ?

“ Notre indépendance est la grande différence. Par rapport à l’application d’un reportage par exemple. On fait ce que l’on veut, on part où l’on veut, on n’a pas de commande à faire. Et on a surtout une grande différence à l’image : on est au plus proche de l’action, on ne se réfugie pas derrière la police comme BFMTV. Au sein de la rédaction, chaque journaliste a son mot à dire. Nous fonctionnons comme un collectif. Le problème, c’est que tout le monde est dispatché. On essaie de se réunir autour d’une table “virtuel” ou autour d’un café avec ceux qui le peuvent. “

Comment ce média s’est-il créé ?

Gaspard Glantz est aujourd’hui la tête pensante de Taranis. À l’époque, il possédait RennesTV qui était donc basée dans la ville. L’équipe a changé depuis mais il a simplement élargi la portée et changé de nom. ”

NOUVELLE MANIFESTATION CONTRE LE PEN ET MACRON. Rennes, FRANCE. 4 mai 2017/ Photo : Jérémie VERCHERE

Quel est le public de Taranis ?

“Il y a beaucoup de jeunes et beaucoup de gens déçus par les médias traditionnels et qui cherchent d’autres façons de s’informer. La plupart de notre audience vient de Facebook. Il joue le rôle de relais avec notre site et ramène l’audience sur la plate-forme. “

Quelles sont les limites du média ?

“L’avis des gens et d’une partie de la profession nous gène. On est mal vu. Cela nous ne facilite pas le travail sur le terrain lorsqu’il faut collaborer avec d’autres journalistes. Ou alors pour se reconvertir : si tu cherches un boulot dans les autres rédactions, pour Libération ça va mais j’ai des doutes pour Valeurs Actuelles. »

« La police aussi nous pose des problèmes. Ils nous empêchent de faire notre travail quand ils savent que tu bosses pour Taranis. Par exemple, il y a un acharnement judiciaire sur Gaspard Glantz. Il a dû pointer au commissariat de Strasbourg, c’est très problématique quand tu travailles sur Paris.”

MANIFESTATION CONTRE LE FN AU SOIR DU 1ER TOUR. Nantes, FRANCE. 23 avril 2017/ Photo : Jérémie VERCHERE

Au niveau financier ?

“ Pour faire tourner le média, il n’y a pas de problème. Mais pour dégager des revenus c’est compliqué. Tout dépend si on arrive à vendre des images ou non. Par exemple, on a vendu des images des manifestations de la loi Travail à BFM TV. Là, on dégage des sous.”

Quentin Larrieu

Photos : Jérémie VERCHERE

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s