Entrer dans un magasin avec une arme blanche : rien de plus facile sous l’état d’urgence

Depuis la mise en place de l’état d’urgence en 2015, les contrôles et fouilles sont omniprésents dans les lieux publics. Pourtant, il est effroyablement facile de se promener dans Paris avec une arme blanche dans son sac à dos et d’entrer n’importe où. Nous avons fait le test et notre conclusion, mise en parallèle avec les récents attentats, fait peur.

Le couteau que j’ai glissé au fond de mon sac. Une épaisse lame de 15 cm.

Forum des Halles, avenue des Champs Élysées, cour Saint-Émilion. Ces lieux publics extrêmement fréquentés sont de fait la cible idéale des attaques terroristes. L’état d’urgence, actif depuis novembre 2015, a généralisé la mise en place de contrôles à l’entrée des magasins. Pour tester l’efficacité de ces fouilles, nous avons placé un grand couteau de cuisine au fond de notre sac à dos, recouvert d’autres affaires. Notre but : tester la sécurité de cette boutique. Résultat : 0/10 pour le vigile.

UGC, FNAC, Lacoste, Louis Vuitton, Renault, Longchamp… Tous nous ont laissés passer sans aucun problème. Et pourtant ! Sans faire partie de la catégorie des armes blanches, ce couteau possède une lame de 15 cm, taille suffisante pour être considérée comme « dangereuse » par le code pénal. Les vigiles jetaient un coup d’œil tout au plus. Aucun, d’ailleurs, ne nous a demandé d’ouvrir notre poche avant, ni de rabattre l’un des compartiments du sac pour mieux voir à l’intérieur. Aucun n’a touché à nos affaires. Seul l’agent de sécurité de la boutique Louis Vuitton a utilisé un détecteur de métaux mais il ne l’a pas utilisé sur notre sac.

Les vigiles sont des épouvantails impuissants

Londres, nuit du 3 juin. L’attaque terroriste qui a frappé la capitale britannique a été marquée par l’utilisation de couteaux de la part des agresseurs comme arme principale. D’autres attaques mineures plus isolées ont elles aussi impliqué des armes blanches comme à Jérusalem le 13 mai. Cette suite d’attaques au couteau est peut-être une coïncidence. Cela ne remet cependant pas en cause l’inquiétant danger que représentent ces armes. N’importe qui peut introduire une arme blanche dans un magasin au nez et à la barbe des vigiles. Plus grave encore, il est même possible de transporter un revolver sans être jamais inquiété par les fouilles, comme l’a prouvé une expérience similaire réalisée par Envoyé Spécial en avril 2016.

Alors, sommes-nous en sécurité, ou avons-nous le sentiment d’être en sécurité ? Il faut concéder une chose : il est impossible pour les agents de sécurité de réaliser des contrôles corrects dans les conditions qui leur sont données. Seul un contrôle au portique avec des détecteurs à sensibilité maximum est réellement efficace, mais il n’est pas applicable partout. Les vigiles sont-ils alors des épouvantails que l’on brandit à l’entrée des lieux publics pour faire fuir les terroristes ? S’ils nous rassurent par leur présence, il ne faut pas croire qu’ils remplissent une fonction primordiale : celle d’assurer notre sécurité.

Malo Barrette

Crédit photo de couverture : Philippe Huguen / AFP

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